Histoire du lieu

Le lieu aujourd’hui

Les Dominicaines, Centre d’art et artothèque, est un lieu dédié à la création contemporaine et à la diffusion artistique, implanté au cœur de la ville de Pont-l’Évêque. Installé dans un ancien couvent du XVIIᵉ siècle, le site conjugue patrimoine architectural et dynamisme culturel, offrant un cadre singulier à la rencontre entre les œuvres, les artistes et les publics.

En tant que centre d’art, Les Dominicaines propose une programmation d’expositions temporaires consacrées à la création contemporaine, ouverte à la diversité des pratiques : peinture, photographie, sculpture, installation, design ou encore arts numériques. Le lieu accompagne la production artistique, soutient les artistes et favorise l’expérimentation, tout en développant des projets en lien avec le territoire.

L’artothèque constitue l’une des spécificités majeures de la structure. Elle permet aux particuliers, aux établissements scolaires, aux associations et aux entreprises d’emprunter des œuvres originales pour les installer dans leurs espaces de vie ou de travail. Ce dispositif original encourage une relation directe et quotidienne à l’art, rendant la création contemporaine accessible au plus grand nombre.

Les Dominicaines mènent également une politique active de médiation culturelle : visites commentées, ateliers pédagogiques, rencontres avec les artistes et actions hors les murs rythment la saison. Ces initiatives visent à sensibiliser tous les publics, dès le plus jeune âge, et à faire de l’art un vecteur d’échange et de réflexion.

 

 

L’ancien couvent

Réhabilité et ouvert en 2000, l’ancien couvent des Dominicaines datant des XVIe et XVIIe siècles abrite désormais le Centre d’art et artothèque de Pont-l’Évêque. Ce remarquable édifice en pans de bois accueillit des religieuses jusqu’en 1792 et fut ensuite réquisitionné pendant la Révolution Française.
Une partie du monastère fut alors détruite pour y construire la prison (1823) et le tribunal (1828).

En 1644, deux sœurs, Marguerite et Marie Pillon de Berthouville, toutes deux religieuses  au Royal Monastère des Emmurées de Rouen, décident de quitter leur couvent pour aller fonder une maison de même ordre où elles pourraient vivre sous une plus étroite observance de la règle de Saint Dominique et accueillir des jeunes filles pour leur instruction.

Elles obtiennent l’accord de l’Évêque de Lisieux, Monseigneur de Cospéan, pour s’installer à Pont-l’Évêque, car la ville n’abrite pas de monastère de femmes. Arrivées à Pont-l’Évêque, en 1645, elles louent une petite maison rue Saint Mélaine et sont réduites à une extrême pauvreté. Les habitants de la ville sont si édifiés par leur comportement que de nombreuses jeunes filles attirées par l’odeur de la vertu se présentent comme postulantes. La maison de Saint Mélaine devient trop petite, elles s’installent alors dans une maison en centre ville et en achètent les parcelles contiguës. Le couvent des Dominicaines s’étend bientôt sur une superficie de cinq hectares.

Le silence et la pauvreté étaient la règle de vie absolue dans le monastère. Les religieuses s’infligeaient une rude discipline : abstinence, jeûne, souffrances physiques. Cette vie aux Dominicaines dura un siècle et demi. En 1792, les religieuses doivent quitter les lieux, leurs biens sont réquisitionnés.

Dès le début du XIXe siècle, on démolit une grande partie des bâtiments pour édifier une nouvelle maison d’arrêt (1823), un tribunal (1828) et la gendarmerie (1843).

Au fil des siècles, l’Ancien Couvent fut habitation, justice de paix, école de musique et de garçons, café et restaurant ou encore magasin d’antiquités. Avant la guerre, on y recense trois activités principales : salle de répétition de musique, salle de réunions de la compagnie des sapeurs pompiers et salle de préparation militaire. Après la guerre, c’est le conseil municipal qui y siège, puis la Croix Rouge et diverses associations culturelles.

Autant d’occupations sans restauration d’ensemble, ni volonté de mettre en cohérence l’architecture pourtant unique, endommagèrent et affaiblirent l’édifice si bien qu’à la fin du XXe siècle, il était dans un état proche de l’abandon.