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Programmation 2026
Du 06 juin au 20 septembre 2026
Exposition | Arnaud Rochard : Verdure

Dans le cadre du festival Normandie Impressionniste.
Arnaud Rochard : « Verdure », ou la traversée du jardin comme expérience du temps
L’exposition Verdure invite à une immersion dans l’univers foisonnant d’Arnaud Rochard. Entre gravure, peinture et céramique, l’artiste déploie un « château intérieur » où les époques s’entrelacent, transformant la déambulation en une véritable expérience temporelle et sensorielle.
- Une archéologie de l’imaginaire
Arnaud Rochard ne se contente pas de citer l’histoire de l’art ; il en réactive les fantasmes. Ses compositions saturées et vibrantes refusent la fixité pour laisser place à un espace mental stratifié. Influencé par la saudade portugaise et l’esthétique des azulejos, son travail explore la tension entre la mélancolie d’un monde perdu et le désir d’un ailleurs apaisé.
- Le jardin comme espace de collision temporelle
Sous le titre Verdures, en hommage aux tapisseries végétales de la Renaissance, l’exposition propose une réflexion dense sur la stratification du temps. L’artiste y convoque des influences croisées :
- Le Japonisme : dans le traitement de la perspective par plans superposés et le choix des supports.
- Le Moyen Âge et la Fantasy : à travers la figure du chevalier qui guide le visiteur dans un parcours aux accents néo-gothiques.
- L’Artisanat engagé : dans la lignée de William Morris (Arts and Crafts), Rochard revendique la valeur du geste, du détail et du temps long face à l’immédiateté industrielle.

- Une quête de l’ailleurs
À la manière d’un Viollet-le-Duc reconstruisant un passé idéalisé ou d’un Huysmans fuyant le réel par l’artifice, Arnaud Rochard crée un espace syncrétique. Verdures n’est pas une simple exposition, mais une traversée immersive où la nature, l’histoire et l’invention se fondent pour offrir une alternative sensible à la modernité.
« Une invitation à suspendre le réel pour habiter, le temps d’un parcours, un monde recomposé, fragile et résolument ouvert. »
L’artiste :
Né en 1986, Arnaud Rochard est diplômé de l’École Européenne Supérieure d’Art de Bretagne. Après dix ans passés à Bruxelles, il retourne vivre et travailler en Bretagne. Il y développe un travail transdisciplinaire entre la gravure, la peinture et la céramique. En 2018, il a reçu la Bourse d’aide à la création de la DRAC Pays de Loire et, en 2019, le Prix Pierre Cardin pour la gravure de l’Académie des Beaux-Arts. En 2021 et 2022 il est résident à la Casa de Velázquez à Madrid.
Le travail d’Arnaud Rochard est le fruit d’un processus proche de l’artisanat d’art qu’il décline dans un univers inspiré aussi bien de l’imagerie sauvage, cruelle, ténébreuse que de la parade fantastique d’un romantisme mythologique. Mais ces codes figuratifs, s’ils sont présents, tels des indices, n’envahissent jamais la perception de l’ensemble, celle d’un paysage composé d’une végétation foisonnante et éparse. L’objet de sa recherche s’y dévoile alors : la Nature et l’allégorie de la Liberté. (Maëlle Delaplanche)
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Du 03 octobre au 12 décembre 2026
Exposition | Cambrousse
Photographie et ruralité : un territoire de regards

Il y a dans le mot lui-même quelque chose de rêche, un accent qui trahit une distance : la cambrousse, c’est la campagne vue depuis la ville, un ailleurs qu’on nomme avec une pointe de condescendance ou de nostalgie mal digérée. C’est précisément cette ambivalence que l’exposition prend pour point de départ, non pour la trancher, mais pour l’habiter.
À l’occasion du bicentenaire de l’invention de la photographie, Les Dominicaines consacrent une exposition photographique à la ruralité et aux liens intimes que les habitants tissent avec leur environnement. Depuis ses origines, la photographie n’a cessé d’accompagner les mutations du monde rural : elle en a fixé les paysages, documenté les gestes, archivé une mémoire qui se dérobe à mesure que les usages se transforment. Entre témoignage et interprétation, entre trace et projection, elle demeure un outil privilégié pour interroger ce que « habiter un territoire » veut dire.
Car la ruralité d’aujourd’hui n’est plus un décor figé. Traversée par les mutations écologiques, économiques et sociales de notre temps, elle se donne à voir comme un espace de tension autant que d’expérimentation. Il s’agit en réalité d’un lieu d’attache où se rejouent, parfois âprement, les rapports que nous entretenons avec le sol, le travail, le vivant.
Pour donner corps à cette réflexion, l’exposition met en dialogue des œuvres issues de collections publiques et des initiatives artistiques du territoire normand. Les fonds du Frac Normandie et du Festival Planche(s) Contact de Deauville se répondent, tandis que des créations d’artistes installés en région viennent ancrer le propos dans une expérience sensible et située : celle d’un regard porté depuis l’intérieur autant que depuis l’extérieur du paysage qu’il observe.
Les stations-essences désaffectées d’Éric Tabuchi, sentinelles rouillées d’une France qui change de vitesse, côtoient les parties de campagne de Pierre Donadio ou Pierre-Yves Racine. Jeanne Dubois-Pacquet et Martin Depalle détournent quant à eux le medium photographique afin d’interroger sa survivance dans la façon de se figurer le territoire. Des photographies de Larry Fink et de de SMITH élargissent la focale, convoquant d’autres géographies du regard sur la ruralité et l’intime, quand Matt Wilson se concentre lui sur le paysage modifié d’après regard. Enfin, une vidéo de Gohar Martirosian vient enfin déplacer le medium, introduisant le mouvement et la durée dans cette traversée d’images fixes.
De cette pluralité d’approches se dégage une conviction commune : la photographie ne se contente pas de regarder la campagne, elle en négocie le sens. Elle capte l’attachement autant que le conflit, la permanence autant que la disparition. En choisissant Cambrousse pour titre, l’exposition assume la charge ambivalente du mot pour mieux la retourner, et redonner à ce territoire toute la complexité de ce qu’il est : non un arrière-pays figé, mais un lieu vivant, traversé, disputé, aimé.
Du 7 février au 24 mai 2026
Exposition | « Tout était calme et soudain le feu reprit » de Tom Nadam

Exposé à Caen dans le cadre du Millénaire en 2025, l’artiste normand Tom Nadam pose ses toiles aux Dominicaines pour la première exposition temporaire de l’année. Une exposition qui accompagne l’évolution du lieu.
En février 2026, les Dominicaines marque sa réouverture par une exposition du peintre Tom Nadam. Le travail de Tom Nadam mêle peinture et photographie dans des compositions marquées par la tension et l’ambiguïté.
À travers des paysages bouleversés, des figures animales (notamment le chien) ou des fragments de territoires, il explore une atmosphère de «faux calme», où la beauté apparente dissimule une menace latente. Inspiré par les dérèglements climatiques récents, notamment les feux de forêt, Tom Nadam donne à voir une nature en colère, des scènes post-catastrophe, entre effondrement et résistance. Sa pratique repose sur un travail de montage et de superposition, à la fois formel et narratif. Ses œuvres interrogent notre rapport au vivant, à la mémoire et au paysage, dans une tension constante entre disparition et survie. Sa pratique picturale permet de représenter le réel, tout en faisant surgir en filigrane les contours flous de puissances qui nous dépassent, nous écrasent, et malgré tout ravissent notre regard par l’immanence du beau dans le grandiose.
L’artiste Diplômé des beaux-arts de Caen en 2018, aujourd’hui, Tom Nadam vit et travaille à Rennes. Animées par un sentiment de calme apparent, ses peintures révèlent des moments de flottement, des environnements bouleversés et des figures en déclin. Cette atmosphère si particulière naît d’un danger tapis dans l’ombre, d’une sensation d’instabilité ou d’une menace passée. Pour favoriser ces jeux de tension, Tom joue du contraste et de l’ambiguïté des motifs qu’il utilise. Il puise son inspiration dans des excursions marquantes. Islande, Etna et Champs Phlégréens plantent le décor de ses meutes imprévisibles. Le chien est la première figure qui alimente une dualité dans son travail. Entre monde des morts et monde du vivant, fidèle compagnon et bâtard errant, dominé comme dominant, il traduit une tension constante. Sans morsure, ni blessure, ni sang, une certaine animosité se dégage pourtant des compositions. Plus récemment, les violents feux de forêts survenus en 2022 ont profondément affecté sa pratique. Tom représente alors une nature grondante, sauvage, révoltée et démesurée. En s’immergeant dans les Monts d’Arrée, à Lussas et dans la plaine des Maures, il récolte les vestiges de ces terres arides qui lui évoquent des formes familières. Ainsi, dans un climat quasi désertique, apparaissent tels des mirages : roches, objets trouvés, crânes, meutes diaphanes ou autres silhouettes étranges. Tom dresse leur portrait, qui, dans un état de fulgurance, semblent aussi précieux que fragiles. À travers les épaisses fumées, ces éléments se dévoilent comme les rescapés de ces drames, incarnant un espoir.